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« Unhappy China » ?

Récemment un livre intitulé Zhongguo bu gao xin (Unhappy China) a provoqué de nombreuses réactions tant à l’étranger qu’en Chine.

Le livre lui-même n’a pas beaucoup d’intérêt : provocateur,  compilation des idées nationalistes, manque d’arguments solides soutenant les points de vue des cinq auteurs. Il plait probablement à une partie de Chinois bornés par un patriotisme fanatique et irrationnel, mais paraîtrait ridicule aux yeux de tous ceux qui réfléchissent, se comportent sous la raison et non sous les émotions.

La presse en dehors de la Chine manifeste surtout une inquiétude sur la montée du nationalisme un peu extrême en Chine, notamment parmi les jeunes.  A titre d’exemple : Telegraph, Financial Time, Wall Street journal, Time, The Economist, Le Monde… ont tous coulé des encres sur ce livre.

En Chine, les répliques sont encore plus ferventes : des blogeurs d’influence ont publié successivement des billets ou critiquant ou supportant les points de vue du livre, des sites majeurs tels sina.cn.com  ou ifeng.com ont même conduit des sondages.

Ci-dessous le questionnaire et les résultats provisoires sur le site de ifeng.com :

1.    Est-ce que vous êtes contents ? (la question ne précise pas s’il s’agit de la situation individuelle ou du statut de la Chine sur la scène internationale, ou,…)
43% d’internautes répondent OUI
58% d’internautes répondent NON

2.    Si la Chine a souffert d’un statut inférieur à l’Occident dans l’histoire, est-ce que cela justifie que la Chine imposerait le même sort à l’Occident un jour ?
53% d’internautes répondent OUI
40% d’internautes répondent NON

3.    Est-ce que vous êtes pour : utiliser les cartes politiques pour soutenir le développement économique de la Chine à l’outre-mer ?
68% d’internautes répondent OUI
29% d’internautes répondent NON

4.    Sur de nombreuses affaires, la Chine n’est pas satisfaite de l’Occident tout comme l’Occident n’est pas satisfaite de la Chine, est-ce que « la rupture des relations » est la solution ?
26% d’internautes répondent OUI
67% d’internautes répondent NON

5.    La fermeture ne favorise pas le développement du pays, est-ce que le contraire, l’expansion est dans l’intérêt du pays ?
24% d’internautes répondent OUI
71% d’internautes répondent NON

6.    Existe-il un équilibre entre la mentalité Grand pays et l’esprit rationnel ?
78% d’internautes répondent OUI
17% d’internautes répondent NON

Les Trois Royaumes

Le film épique de John Woo vient de sortir en salles en France, le titre français est mal choisi: le film ne décrit, en fait, qu’une fameuse épisode du roman Les Trois Royaumes, la bataille de Chibi ou la falaise rouge, l’une des batailles les plus connues de l’histoire de la Chine. La conséquence de cette bataille a changé le cours de l’histoire en Chine : la victoire des alliés Liu Bei – Sun Quan a donné la naissance des Trois Royaumes, le contraire aurait conduit l’unification de la Chine par Cao Cao.

 

Le film original est composé de 2 parties, chacune dure plus de deux heures et demi.  La première partie, diffusée en Chine, au Japon et en Corée du Sud en 2007, a connu un franc succès ; La seconde partie est sortie en Asie en janvier 2009.

Dans la version internationale, le film est réduit à moitié, les scènes inventées et souvent de caractères exagérés et drôles ont été coupées. En Asie, l’histoire des Trois Royaumes est connue de tous, à travers le roman, les raconteurs, les jeux vidéos qu’il est nécessaire d’inventer de nouvelles scènes pour rendre le film attrayant auprès du public, alors qu’en Europe, cela reste une découverte pour la plupart de gens.

 

Le film de John Woo est une adaptation audacieuse du roman les Trois Royaumes.  Lequel date du XIIIème siècle, l’auteur Luo Guanzhong l’a développé à partir des Chroniques des Trois Royaumes, rédigé par Chen Shou en 280, juste à la fin des trois royaumes, sous la Dynastie Jin.

 

Les Chroniques des Trois Royaumes fait partie des 24 chroniques les plus connues de la Chine,  Chen Shou les a rédigées sans mandat officiel, ce qu’on appelle en Chine « chroniques privées ». Elles sont composées de trois livres, un livre par royaume : Wei, Shu et Wu, et au sein de chaque royaume, les chapitres sont rédigés sous forme de biographie des grandes figures de cette époque. Les chapitres sont classés par importance décroissante : les membres royaux, les grands ministres ou les grands généraux,…

 

La version de Chen Shou a été beaucoup enrichie par Pei Songzhi au 5ème siècle, qui a ajouté un nombre important des faits ou anecdotes d’autres sources historiques. Grâce à ses travaux, nous disposons, même mille huit cents ans après, d’annales très complètes de cette période de l’histoire de la Chine, qui a eu, tout comme l’époque des royaumes combattants, des influences considérables sur les générations futures.